Temps modernes, horaires antiques

CouvBasso   Titre:   Temps modernes, horaires antiques.
La durée du travail au tournant d’un millénaire
  Auteur:   Pietro Basso
  Collection:   Cahiers libres
  Pages:   324
  Prix:   26 EUR - 39 CHF
  ISBN:   2-940189-19-6
  Date de publication:   2005


L’OCDE et la presse économique annoncent avec régularité que le nombre d’heures moyen de travail par an diminue dans les «pays riches». Un mythe est ainsi cultivé: la société dite postindustrielle se caractériserait par une diminution automatique de la durée du travail. Certes, parfois, les mêmes institutions doivent reconnaître que «la principale raison de la baisse moyenne du temps de travail par salarié» depuis1990 est due «à la croissance des emplois à temps partiel», pour l’essentiel contraints (The Economist, 24 juillet 2004). 
Derrière les statistiques et leurs moyennes se cache un changement d’envergure: la hausse de la productivité s’accompagne d’un allongement de la durée effective du temps de travail, un travail toujours plus dense et intense. Dans cet ouvrage, à contre-courant des analyses économiques et sociologiques dominantes, Pietro Basso explique et illustre les raisons de cette mutation qui pèse de plus en plus sur la vie quotidienne de la grande majorité des salarié.e.s. C’est une porte d’entrée à la réflexion sur l’organisation du travail, sur sa place dans la société et sur la nécessité de porter un regard critique sur cette dernière.

Pietro BASSO
est professeur de sociologie générale à l’Université de Venise. Depuis 1999, il dirige le Master sur les migrations en collaboration avec l’Université Paris VIII et l’Université libre de Bruxelles (Belgique).

Recensions

Le développement le plus intéressant concerne la façon dont la mondialisation libérale met fin à l’existence de «deux journées de travail distinctes», celle des salariés du «centre», qui ont longtemps eu les moyens de combattre le capital, et celle des travailleurs de la «périphérie», placés sous une domination coloniale ou de régimes ultra-autoritaires, fussent-ils «socialistes». Avec la mondialisation, le capital bénéficie de la mise en concurrence directe des salariés de pays où les luttes sociales ont abouti à la réduction du temps de travail avec ceux de pays industriels «neufs» où les luttes sociales sont difficiles.

Le Monde diplomatique, mai 2006

La célèbre analyse de Jeremy Rifkin sur «la fin du travail» repose sur un présupposé, largement accepté par la plupart des économistes et des sociologues, qui consiste à affirmer que dans une économie de marché, les progrès de la science, de la technique de la productivité entraînent mécaniquement une baisse du temps de travail. «Temps modernes, horaires antiques» s’y oppose frontalement: pour Pietro Basso la durée de travail des salariés au cours du XXe siècle s’est allongée.

Scérén-CNDP, 5 novembre 2007

Lors de la publication, en 1998, de la première édition (italienne) de son livre consacré à l’étude du «temps de travail» et du «temps de vie», Pietro Basso, professeur de sociologie à l’Université de Venise, avait jeté un véritable pavé dans la mare consensuelle. Il heurtait de front les thèses dominantes qui s’inscrivaient dans le cadre du mythe de la diminution automatique du temps de travail. Deux ans après la traduction anglaise, le lecteur francophone peut enfin accéder à ce remarquable travail critique augmenté d’une préface, de diverses mises à jour et d’un chapitre nouveau intitulé «Vers la semaine de 35 heures ou la semaine de 45 heures?».

L’Humanité, 2 janvier 2006

La thèse du livre de Pietro Basso est que les  horaires de travail ne cessent de s’alourdir. Pour la démontrer, Basso mêle critique des statistiques globales et l’étude concrète des situations de travail. De ce point de vue, il s’agit d’une référence désormais incontournable.

Rouge, 23 février 2006


Un ouvrage paradoxal au sens propre du terme, puisqu’il prend le contre-pied exact d’une des idées les plus courantes, communément partagée par le grand public aussi bien que par les milieux académiques. La thèse essentielle de son ouvrage est, en effet, que, loin que les gains de productivité du travail, dont le capitalisme s’est fait une gloire depuis un bon siècle, s’accompagneraient nécessairement d’une réduction continue et irréversible de la durée (journalière, hebdomadaire, annuelle) du travail dans l’industrie, secteur clé de l’économie capitaliste, cette dernière a eu globalement tendance, sur l’ensemble du XXe siècle, à stagner, au mieux à régresser faiblement, voire même en fin de période à (ré)augmenter. Et, à l’appui de cette thèse iconoclaste, Pietro Basso fait valoir un ensemble de données statistiques puisées aux meilleures sources.

Interrogations, revue pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, juin 2006