Impérialisme et militarisme: actualité du XXIe siècle

CouvSerfati   Titre:   Impérialisme et militarisme: actualité du XXIe siècle
  Auteur:   Claude Serfati
  Collection:   Cahiers libres
  Pages:   264
  Prix:   22 EUR - 36 CHF
  ISBN:   2-940189-26-9
  Date de publication:   2004


L’impérialisme: le retour ? En ce début de siècle, le mot impérialisme connaît un regain d’intérêt de la part de ses défenseurs. Ils attendent de sa mise en œuvre la réalisation des objectifs de la démocratie, de la paix et de l’économie de marché. Le terme est également utilisé (moins qu’empire néanmoins) par ses critiques pour qualifier l’attitude actuelle des Etats-Unis.

L’hypothèse développée dans l’ouvrage est que l’impérialisme constitue un cadre d’analyse pertinent pour comprendre non seulement l’attitude des Etats-Unis, mais l’économie politique de la mondialisation contemporaine. Depuis vingt ans, le capital financier a conquis de nouveaux domaines de valorisation (éducation, santé, activité intellectuelle). La logique rentière s’est installée, avec l’appui des politiques néolibérales et des institutions internationales, au cœur des processus du vivant. Les classes sociales qui en bénéficient sont en majorité situées en Europe et aux Etats-Unis. Toutefois, dans d’autres régions accueillantes de la planète, elles en tirent aussi profit.

L’accumulation financière et rentière attaque de front les exigences de la reproduction de long terme (c’est-à-dire «soutenable») des écosystèmes, elle menace l’existence même des producteurs et de leurs familles. Un régime social de domination qui met la rente au centre de sa reproduction et qui dispose de la planète comme horizon dépend directement de sa puissance de coercition. Dans les pays développés, la sécurité – la protection – des droits de propriété du capital bénéficie d’une attention encore plus soutenue depuis le 11 septembre 2001. Elle justifie des remises en cause de droits individuels et collectifs au nom de la «sécurité nationale» et de l’affaiblissement de la démarcation entre menaces externes et internes. De nombreux pays du «sud» demeurent enfermés dans des rapports de dépendance construits à l’ère de l’impérialisme classique. La pompe à paiement de la dette n’a pas cessé de fonctionner. L’exploitation des ressources naturelles, largement destinées à l’exportation, s’exerce dans le cadre des «nouvelles guerres».