Mythes et limites de l’anthropologie. Le sang et les mots

CouvMeillassouxMythesLimites   Titre:   Mythes et limites de l’anthropologie. Le sang et les mots
  Auteur:   Claude Meillassoux
  Collection:   Cahiers libres
  Pages:   483
  Prix:   31 EUR - 55 CHF
  ISBN:   2-940189-21-8
  Date de publication:   2001


Notre société repose sur l’idée qu’elle est fondée sur une parenté naturelle, biologique. Dans cet ouvrage provocant et magistral, l’auteur montre que cette croyance n’est qu’une idéologie "impériale", imposée comme le nec plus ultra de la civilisation au reste du monde. Cette remise en cause radicale de nos valeurs suggère une interprétation inédite et singulièrement éclairante des autres cultures, qu’elles soient contemporaines ou antiques. Plus encore que dans ses précédents travaux, l’auteur s’affirme à la fois comme un rénovateur captivant et un classique constructif.

Recensions

 

Prolongeant un travail critique entrepris depuis plusieurs décennies, Claude Meillassoux propose de revisiter l’institution de la parenté. Par un méticuleux travail de déconstruction du vocabulaire et des méthodologies d’étude, il démontre que la reconnaissance de son caractère social, partagée par tous les anthropologues, reste une reconnaissance de façade. Le paradigme pseudo-biologique de la consanguinité, construction sociale et historique relativement tardive, continue à fonder les cadres théoriques et méthodologiques des études de la parenté. C’est donc à l’aune du système de parenté historiquement le plus tardif que sont mesurés des systèmes beaucoup plus anciens et produits d’histoires singulières. L’auteur part, au contraire, de l’hypothèse que «l’intelligence des systèmes de parenté exige que nous les considérions pour eux-mêmes, à partir du contexte historique, économique, social, politique, culturel dans lequel ils se constituent, se formalisent et opèrent». Sa démarche le conduit à nous proposer une réinterprétation magistrale de la place de la parenté dans des systèmes sociaux relevant de périodes historiques et de situations géographiques variées (communauté eskimo, mfecane zoulou, empire inca, société féodale européenne). Loin d’un évolutionnisme soumis à quelque immanence ou à quelque transcendance, il propose une trame historique où la reproduction sociale occupe une place centrale au sein d’un écheveau complexe de causalités. En ce temps du «tout-génétique» et de fantasme de clonage, c’est une contribution théorique fondamentale qui s’adresse à tous ceux d’entre nous qui veulent continuer à penser et à construire l’histoire des êtres humains.

Jean-Pierre Berlan, Le Monde diplomatique, novembre 2001